Principes d’Économie Solidaire

Solidarity Economy Principles spelled out as logo in purple serif text

Democracy & Process

A group of people are gathered amid sunflowers holding a banner overhead that reads We Were Built For this. Constellations connect their arms to each other. THe figure are wearing shirts that read Black Lives Matter, No Border No Nations No More Deportations, and they have a variety of human skin colors and they are many ages. One of them is a wheelchair user.
Nous avons été forgés pour cela. Les vies des noirs comptent. Libération trans/queer. Non à la guerre Protégez le sacré Pas de frontières, pas de nations, arrêtez les déportations

La démocratie est une condition essentielle de l’économie solidaire. Malheureusement, le plus souvent, les organisations, entreprises et coalitions ne pratiquent pas ce qu’elles revendiquent. En conséquence, le mouvement d’économie sociale est affaibli. Pour renforcer la puissance du mouvement, il faut trouver comment réunir divers groupes, actrices et acteurs, et prendre toutes de sortes de décisions de façon non hiérarchique. Il n’est pas facile de pratiquer la démocratie ; souvent, elle exige d’abord de ralentir. Pourtant, les processus démocratiques sont absolument essentiels à la prise de décisions robustes, stratégiques et durables pour l’ensemble du mouvement. La démocratie permet aussi de créer des versions microcosmiques du monde auquel on rêve. 

PRINCIPE : La démocratie est pratiquée à chaque étape et dans chaque aspect du travail collectif. La démocratie se définit ici comme la participation de chaque membre d’un groupe à ses processus décisionnels, la délégation des tâches et aux diverses formes de pouvoir.
  • PRATIQUE : La planification stratégique doit toujours comporter la contribution soutenue des membres et son exécution doit être conditionnelle à leur approbation.

     

  • PRATIQUE : La mission, la vision et les valeurs de l’organisation doivent régulièrement être revues par les membres (ex. : annuellement ou à chaque 2 à 5 ans). Cela peut se faire dans le contexte d’un exercice d’audit social (voir les pratiques décrites sous le principe de transparence financière).

  • PRATIQUE : Chaque personne en position de leadeurship doit faire l’objet d’une évaluation interne annuelle, où sa contribution à la mission, la vision et aux valeurs de l’organisation doit être passée en revue. Les membres peuvent former un comité spécifique chargé de ces évaluations annuelles.

 

  • PRATIQUE : Il n’y a pas de démocratie sans transparence. Les coopératives et organisations d’économie sociale peuvent créer des comités d’audits. Bien que la pratique soit moins répandue aujourd’hui, la majorité des coopératives étatsuniennes du 20e siècle avaient un comité d’audit ; leurs membres étaient responsables d’évaluer l’ensemble des opérations et du travail de l’organisation avant de produire un rapport aux autres membres. Le rôle du comité d’audit n’est pas d’intervenir ni de sanctionner, mais simplement de documenter l’état des lieux pour émettre un rapport aux membres, qui pourront ensuite décider des prochaines étapes. Les statuts et règlements du Club Seikatsu, une importante fédération de coopératives de consommation, offrent un bel exemple de fonctionnement d’un comité d’audit.

 

  • PRATIQUE : Chaque organisation doit convenir de façons formelles de valoriser la diversité des perspectives et contributions des membres.
PRINCIPE : La prise de décisions et l’organisation du travail doivent se faire de manière locale autant que possible, par et pour les premières personnes concernées.
  • PRATIQUE : Les organisations d’économie solidaire locales, régionales et nationales doivent toutes rendre l’ensemble de leurs documents internes facilement accessibles aux membres, incluant les budgets, procès-verbaux des rencontres, statuts et règlements, plans d’action stratégiques, etc. Les membres doivent pouvoir décider quelle information leur est accessible, et à quel niveau de détail. On distingue la transparence interne de la communication publique plus générale. (Le Chantier de l’économie sociale du Québec offre un bon exemple de cela, ayant consolidé des réseaux régionaux et généré une capacité d’action permettant au mouvement de s’impliquer dans des initiatives de développement à long terme, et d’implanter des projets à l’échelle d’un réseau de réseaux.)

  • PRATIQUE : Il n’est pas suffisant d’élire un conseil administratif pour considérer que la démocratie est atteinte. Lorsqu’une décision a un impact sur une communauté donnée, celle-ci doit être activement impliquée dans le processus décisionnel. Il ne s’agit pas d’inviter les « contributions », mais de vraiment partager le pouvoir décisionnel.PRATIQUE : Ne pas avoir peur de faire de nouvelles expériences ! On peut exercer la démocratie de diverses façons créatives, que ça soit lors d’initiatives spontanées ou de processus bien définis.

  • PRATIQUE : Chaque moment historique de l’organisation doit être soigneusement documenté et archivé, de manière à permettre à toutes et tous d’apprendre des succès et erreurs du passé. Le fait d’investir dans la documentation de l’histoire d’une organisation donnée renforce sa structure, en permettant un meilleur partage d’information autant à l’interne qu’à l’externe. De plus, cela rend les organisations moins vulnérables aux transitions des rôles de leadeurship.
PRINCIPE : Conformément au principe coopératif universel n ° 4, les entreprises d’économie solidaire (formelles ou non formelles) sont considérées comme des organisations autonomes et souveraines gérées démocratiquement par leurs membres, dont la mission première est l’entraide.
  • PRATIQUE : Lorsqu’elles concluent des ententes avec d’autres organisations ou des entités gouvernementales, ou lorsqu’elles tiennent des campagnes de collecte de fonds auprès d’entités externes, les organisations d’économie solidaire s’assurent de respecter le pouvoir démocratique et l’autonomie de leurs membres.

  • PRATIQUE : Remettre en question les méthodes de fonctionnement des fonds publics et philanthropiques, en les poussant à mieux répondre aux besoins de l’économie solidaire.

  • PRATIQUE : S’éloigner de l’approche « charitable », en investissant plutôt directement dans le renforcement du pouvoir, de l’autonomie et de l’autodétermination des membres et des communautés. Il ne faut jamais faire les choses à la place des membres ou des organisations, mais plutôt leur fournir du soutien, des conseils et de la solidarité.

  • PRATIQUE : Lors de la création de nouvelles entités, les personnes fondatrices ou conceptrices, bailleurs de fonds et responsables de la phase d’incubation doivent élaborer des plans de sortie concrets qui permettra à l’organisation de gagner en indépendance et de demeurer durable au-delà de la phase initiale de démarrage

  • PRATIQUE : Particulièrement au sein des coopératives, on doit appliquer le principe de Mondragon, qui défend la souveraineté des travailleuses et travailleurs envers le capital. Leurs intérêts sont considérés comme primordiaux et prennent une importance centrale dans toute décision financière.
PRINCIPE : Réfléchir à l’impact de chaque décision sur l’ensemble de la communauté, les générations futures et la planète.
  • PRATIQUE : Solliciter l’avis de toutes les parties prenantes en tenant des rencontres communautaires, entrevues et sondages, ou même en invitant des personnes à s’intégrer au conseil d’administration ou à un groupe consultatif. Cela n’est pas nécessaire à chaque décision, mais lorsque des choix importants doivent être faits, il faut tenir compte de la perspective de toutes les personnes concernées. En cohérence avec le principe coopératif universel d’engagement envers la communauté, la consultation des parties prenantes doit se faire avec discernement, et lorsque nécessaire.

  • PRATIQUE : Lors de l’élaboration des structures de gouvernance d’une entreprise, il faut s’assurer que chaque partie prenante soit représentée, incluant les personnes de la communauté élargie qui pourraient être impactées par les opérations de l’entreprise sans y être directement impliquées. Il est possible de renforcer cette représentation en réservant certains sièges du conseil administratif à diverses parties constituantes, représentées par des personnes élues par leur communauté. On peut citer, à titre d’exemple, les fédérations de coopératives ou les coopératives sociales où les prestataires et les bénéficiaires des services sociaux sont membres égalitaires de la même organisation.

  • PRATIQUE : Adopter la pratique d’ajouter un « siège vide » au conseil d’administration, dont la fonction est de représenter la mission de l’organisation. N’importe quelle personne participante peut prendre ce siège aux réunions pour vérifier que les propos tenus et les décisions prises servent bel et bien la mission de l’entité. Cette idée provient du livre Reinventing Organizations de Frederic Laloux. Le même concept peut aussi servir à représenter les intérêts et perspectives de la terre, des eaux et des autres formes de vie non humaines qui pourraient être affectées par les décisions de l’organisation.
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