Principes d’Économie Solidaire

Solidarity Economy Principles spelled out as logo in purple serif text

Education & Leadership Development

Image of people pulling up plants by their roots. Text reads we are having to unlearn generations of teachings that taught us how to dehumanize and encouraged us to prioritize punishment
Nous devons désapprendre ce qu'on nous a appris pendant des générations : comment déshumaniser les gens et donner la priorité à la punition.

Les mouvements de libération prennent de l’ampleur grâce au partage et à l’élaboration de connaissances collectives. Les points communs, au même titre que les différences, fournissent tous de nouvelles occasions d’apprentissage. En valorisant l’étude collective approfondie, on honore nos apprentissages et nos expériences. Cela donne ensuite la possibilité aux membres de contribuer efficacement au développement de leur entreprise ou organisation, et de faire connaitre l’essence et les avantages de la solidarité et coopération à un public élargi — particulièrement aux jeunes et aux personnes en position de leadeurship. Les mouvements d’économie solidaire sont plus résilients lorsque le pouvoir est diffus entre les membres, plutôt que concentré entre les mains de quelques personnes épuisées. Ainsi, il faut prioriser l’élaboration de leadeurship organisationnel autant au sein des organisations, que dans tous les secteurs du mouvement.

PRINCIPE : Conformément au principe coopératif universel n°4, qui porte sur l’éducation des membres, les organisations s’engagent à soutenir la formation continue des membres.
  • PRATIQUE : Savoir bien présenter et expliquer les concepts d’économie solidaire. Le modèle coopératif étant bien connu, il y a une certaine tendance désigner toutes les organisations d’économie sociale de « coops ». Cela a comme effet d’effacer les contributions uniques des autres formes et entités qui ne correspondent pas à la définition de coopérative. Les membres de groupes d’économie sociale doivent prendre soin de bien choisir les termes utilisés pour décrire leur travail. Notamment, on peut se renseigner sur les droits et responsabilités spécifiques aux coopératives (incluant les formes légales et traditions), et l’histoire de différents collectifs. Si vous faites partie d’un groupe démocratique qui n’est pas enregistré à titre de coopérative, ou qui n’adhère pas aux principes et valeurs coopératives, pensez à comment vous pourriez amener le groupe à se joindre au mouvement de l’économie solidaire. Si le groupe ne souhaite pas devenir une coop, tenez compte que d’en revendiquer l’identité ou le titre pourrait causer des préjudices ; dans certains états, cela peut aussi entrainer des conséquences légales.

  • PRATIQUE : Chaque entité d’économie solidaire doit comporter un volet de formation des membres, et promouvoir des principes clairs qui sont révisés de temps à autre. Le volet de formation doit comporter des segments d’éducation politique ainsi que des activités de formation continue sur tous les aspects du travail collectif des membres.

  • PRATIQUE : Les activités d’éducation doivent toujours aller de pair avec les pratiques organisationnelles et de réseautage, puisqu’elles aident à transformer les mentalités et renforcer les capacités d’action collective ou coopérative.
PRINCIPE : S’en remettre aux processus d’apprentissage collectif pour examiner, adapter et améliorer ses pratiques en répondant aux défis, nouvelles idées et oppositions.
  • PRATIQUE : Tenir des rencontres récurrentes ainsi que des forums informels où discuter et débattre des enjeux courants de l’organisation.

  • PRATIQUE : Mettre les études, données et matériels éducatifs en circulation libre au sein de ses réseaux.
PRINCIPE : Démocratiser les pratiques éducatives. Chaque personne peut prendre le rôle d’apprendre ou d’enseigner.
  • PRATIQUE : Employer des méthodes d’éducation populaire ou participative adaptées au contexte spécifique. De nombreuses traditions peuvent être inspirantes à cet égard, la plus connue aux États-Unis étant basée sur la pensée de Paulo Freire :: https://www.freire.org/concepts-used-by-paulo-freire.

  • PRATIQUE : Pratiquer le soutien et l’éducation entre pairs, en s’appuyant sur les connaissances et l’expertise des coopératrices et coopérateurs.

  • PRATIQUE : Participer à des groupes d’étude comme moyen d’apprendre ensemble et d’établir des relations.

  • PRATIQUE : Élaborer une définition partagée du travail solidaire — il n’est pas nécessaire d’utiliser les mêmes mots, mais de clarifier ce qui constitue ou non des pratiques d’économie solidaire. Ces conversations devraient se tenir régulièrement à tous les paliers du mouvement.

  • PRATIQUE : Soutenir les écoles démocratiques qui intègrent les personnes étudiantes aux processus décisionnels, et qui s’éloignent des modèles punitifs, de l’apprentissage par cœur et des systèmes de notation.
PRINCIPE : Le leadeurship des organisations d’économie solidaire doit être continuellement renouvelé.
  • PRATIQUE : Avoir recours à des échelles d’engagement, qui sont des moyens d’apprendre par paliers spécifiques en permettant aux gens d’assumer plus de leadeurship et de responsabilité au fur et à mesure qu’ils, elles ou iels acquièrent une compréhension plus approfondie du travail.

  • PRATIQUE : S’engager dans le développement continu du leadeurship et la planification de la relève pour tous les rôles de direction, de conseil, de comité, etc.

  • PRATIQUE : Élaborer et soutenir la tenue de programmes de mentorat au sein des organisations et entre elles.

  • PRATIQUE : Investir dans la formation et l’élaboration de nouvelles pratiques d’autogestion démocratique. Ce sont des compétences qui permettent de se respecter entre adultes de confiance, plutôt que d’adhérer à la vision paternaliste voulant que les personnes travailleuses soient infantiles et paresseuses, qui doivent être supervisées pour leur propre bien. Pour en savoir plus sur les pratiques d’autogestion, consultez le livre Reinventing Organizations de Frederic Laloux. L’autogestion peut être renforcée de diverses manières, dont notamment : les évaluations internes entre pairs et les processus de rétroaction ; le suivi des tâches comme partie centrale des réunions de groupe ; l’adoption de politiques claires quant aux différentes étapes à suivre lorsqu’une personne ne répond pas aux attentes du groupe ; l’utilisation de systèmes de gestion de projets collectifs, etc. Pour d’autres exemples, consultez le document Google intitulé Reinventing Organizations by Frederic Laloux. Structures like regular peer reviews to provide feedback, checking in on tasks as a core part of group meetings, creating clear policies for what to do when somebody isn’t meeting group expectations, and having a shared project management system can all support self-management. You can find more examples in the Nonprofit Democracy Network..
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